JOURNAL (II)

Septembre 1993 – décembre 1993
Premier trimestre 1998
Deuxième édition
67 pages

Résumé

On pourrait parler d'un 'album de transition' entre l'album consacré à la période Stéphane et celui consacré à la période Dominique. Ces deux personnages sont d'ailleurs présents dans ce volume : le souvenir de Stéphane est encore prégnant et on voit déjà apparaître Dominique.

Après une ouverture sur la difficulté des rapports entre les êtres, nous suivons le narrateur dans quelques scènes de sa vie quotidienne : engueulade avec Alain, l'atelier des Bras cassés, le projet de l'association/revue Ego Comme X, un amant de passage, les petits boulots et la difficulté de l'insertion, l'écoute de Fun Radio...
Ces scènes sont accompagnées de réflexions diverses : amour et désir ; désir et dessin ; le danger de se mettre en scène, avec son entourage dans ses bandes dessinées ; les difficultés qu'il y a à confier ses malaises aux autres ; la difficulté pour un homosexuel de vivre dans une société majoritairement hétérosexuelle ; les amours passées de Fabrice, etc.

Genèse

Initialement ce tome devait inclure l'histoire de Dominique. Mais vu l'ampleur que prenait l'ouvrage, et le temps qui s'allongeait depuis la sortie du premier volume du Journal, Fabrice Neaud et Loïc Nehou, son éditeur, ont préféré scinder cet album en deux, ce qui allait donner les volumes II et III. L'auteur a donc pris les cinquante premières pages de son récit et en a dessinées, pour compléter l'album, une vingtaine supplémentaire. Ces planches comportent davantage de réflexions et de souvenirs que d'événements contemporains et constituent une sorte de pause dans le récit entre la 'période Stéphane' et la 'période Dominique'.

Commentaire

C'est un album plus calme. Il n'y a pas de progression dramatique forte, pas de fil narratif aussi apparent que peuvent l'être les relations amoureuses dans les volumes I et III. Ce rythme plus apaisé permet de laisser davantage de place à des thématiques parfois légèrement éclipsées par les aventures sentimentales de Fabrice.

Ouverture

Une nouvelle fois l'ouverture de ce volume n'est pas anodine. La première est une case pleine page représentant une voie ferrée. Le dessin de telles voies est un des leitmotivs iconiques les plus fréquemment représentés dans le Journal. Il a accompagné le départ de Stéphane, il illustrera la rupture finale avec Dominique. Ici il vient en appoint d'une déclaration, d'une crainte sur la difficulté des rapports humains en général : « Il paraît que sur cette ville plane comme une malédiction : peu ou pas de rapports humains. Je n'y crois pas. Je ne veux pas y croire. Je me battrai pour que ça ne soit pas vrai. »
Suit une première illustration des problèmes de rapports humains et de communication : Fabrice appelle Alain pour l'engueuler, celui-ci étant très en retard. « On sait toujours ce que ça veut dire cette répétition quotidienne d'un même manquement à la moindre des politesses : Formulation non-verbale d'une communication qui n'opère plus verbalement. »

Communication

Cette problématique de la difficulté à communiquer revient tout au long de l'album. Notre société rencontre le paradoxe suivant : plus on communique (média, téléphone, Internet), moins le contact se crée. On a à la fois l'excès de partage, les épanchements incontrôlés de 'Love in fun' et la méconnaissance des gens qui habitent un étage au-dessus de nous. Difficultés à trouver un mode de travail dans un espace commun à l'atelier des Bras Cassés, sourde oreille des administrations face aux difficultés de Fabrice, inexprimabilité de la souffrance de l'exclusion, perte de valeur des confidences les plus intimes...

Ce dernier thème donne d'ailleurs lieu à une belle métaphore iconique (pages 60 et 61) : Fabrice est successivement face à Loïc, Xavier, Alain et Laure et il est à chaque fois un peu plus bâillonné et enchaîné...

 

Toutes les images sont © Ego comme X

 

 

 
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